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Recherche doctorale — Histoire & Histoire de l'art · Université des Antilles

Les pionniers du shatta quelques repères sur une histoire collective (2008–2017)

Le shatta est un genre musical populaire apparu en Martinique à partir de 2008. Il s'est construit à plusieurs voix — beatmakers, DJ, vocalistes — dans des conditions souvent précaires, avant de circuler au-delà de la Martinique. Voici quelques repères publics sur cette histoire ; la reconstitution complète, fondée sur un corpus inédit de 39 entretiens, fait l'objet de ma thèse en cours et de mes publications à venir.

Des influences plurielles

Le shatta hérite de plusieurs traditions musicales : le dancehall jamaïcain, des courants afro-américains, et l'héritage des musiques populaires martiniquaises (bèlè, biguine, zouk, dancehall local). Il ne naît pas d'un geste isolé, mais d'une hybridation progressive entre 2008 et 2012.

Dès le début des années 2000, plusieurs producteurs et DJ posent les bases de ce qui deviendra le shatta. En 2002, Mighty Mike et Opérationnel publient « Doudou » sur le X-Five Riddim, un titre repris sur la compilation Check it (production Rodolphe Erichot) et diffusé en sound system à Fort-de-France. En 2003, Mighty Mike et Danthology figurent sur la compilation Génération Dancehall.

Chronologie des sons fondateurs

Quelques jalons datés et vérifiables, à partir des titres publiés et de leur diffusion en ligne :

2008
Premiers beatmakers identifiés au genre naissant, actifs à Fort-de-France.
2009
Elji — « Shatta Boy », l'une des premières occurrences du terme dans un titre musical.
2011
Magic feat Magic — « PoumPoumBamBam » (20 avril 2011) : le titre dépasse aujourd'hui 950 000 vues sur YouTube.
2012
Lhom Sam — « Loto Moto Poto » (27 juillet 2012) : premier clip shatta à franchir le million de vues (plus de 1,4 million aujourd'hui).
2014
Sorrow — « Au Pays » : l'un des premiers clips à s'auto-identifier explicitement comme « shatta » dans son intitulé.
2017
Disparition de Ti Blica, figure marquante des débuts du genre — un moment souvent retenu comme la fin symbolique de la période fondatrice.

Repères établis à partir de titres, dates de publication et statistiques de vues librement consultables en ligne.

Des lieux, un mouvement

Le shatta naît dans des espaces détournés — quartiers populaires de Fort-de-France et alentours, cabanes de pêcheurs, chambres transformées en studios — avant de se diffuser, avec le temps, jusque dans l'Hexagone, où des soirées dédiées voient le jour dès le début des années 2010.

Une production artisanale

Les premiers morceaux sont enregistrés avec des moyens réduits : logiciels de production accessibles (comme FL Studio), matériel récupéré, home-studios de fortune. La diffusion se fait d'abord de main en main, par clé USB, avant de basculer vers YouTube, Twitter et Facebook — les plateformes de streaming comme Spotify n'arrivant aux Antilles qu'en 2021.

Cette page présente des repères généraux, à visée de médiation. La généalogie complète des collectifs et des figures fondatrices, la périodisation du genre, l'analyse des riddims et des formes musicales, ainsi que les sources primaires (entretiens et paroles de chansons) recueillies dans le cadre de ma thèse seront présentées dans mes publications scientifiques à venir.

Pour suivre l'avancement de cette recherche : page Recherche.

Pour citer cette page : Grondin, Noor-Sharina. « Les pionniers du shatta martiniquais ». Voix d'Outre-Mer, 2026.

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